Terre d’innocence
Dans mon ventre rond,
Je t’attends, te vis, te sens,
Tout mon être se fond,
A chacun de tes mouvements.
Je te dessine, je te rêve,
Je te crois, je te nomme,
En toi coule ma sève,
Mon tout petit bonhomme,
Et voilà que tu nais,
Dans un appel au Monde,
C’est fini, je le sais,
Je ne serai plus ronde.
Les prémices de ta vie,
Semblent bien difficiles,
Toi, le bon fils réussi,
Tu n’as que de beaux cils,
Et voilà que tu traînes,
Que tu n’évolues pas,
Qu’c’est la faute à pas d’veine,
Qu’il paraît qu’c’est comme ça !
Toi mon petit dernier,
Tout à moi tu resteras,
Comme je l’ai souhaité,
Mais sûrement pas comme ça.
Pourquoi a – il fallu
Que tu n’sois pas normal ?
Je n’ai pourtant rien bu,
Et vraiment rien fais d’ mal.
Plusieurs fois j’ai pensé,
A mon grand désarroi,
Que je pouvais prier,
Pour qu’tu passes à trépas,
Très vite et honteusement,
J’ai caché ces pensées,
Indignes d’une Maman,
Qui doit tout assumer.
Et puis j’ai admiré,
Tes rires et tes grands yeux,
Aveugle, le toucher,
Nous reliait tous deux.
J’ai croisé ton regard,
Et tes grands yeux verts,
D’une innocence rare,
Qui me disent : espère…..
Et chaque jour tu te bas,
Tu me donnes des leçons,
Tu n’demande pas pourquoi,
Pour toi, c’est toujours bon.
Avec un tel courage,
Je ne peux que souhaiter,
Pouvoir tourner cette page,
Avec ton humilité.
Toi, mon enfant spécial,
Tu as conquis mon cœur,
Adoucis un peu le mal,
Et rendu ma rancœur.
A MON PETIT BENJAMIN
SAM